Revue des marchés de août 2026
Canada Life - 10 septembre 2026
Le mois d’août a été vigoureux pour les marchés mondiaux, mais l’incertitude demeure. Découvrez les principaux développements économiques et géopolitiques qui pourraient influer sur le rendement des marchés au cours des prochains mois.
Introduction
Les marchés boursiers mondiaux ont terminé le mois d’août 2026 en hausse. Il y a eu quelques épisodes de volatilité dus au fait que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ne semblent pas sur le point d’aboutir et que le conflit commercial entre le Canada et les États-Unis s’est intensifié à la fin du mois. Pendant ce temps, l’attitude à l’endroit des titres en IA demeure généralement optimiste, mais leurs valorisations potentiellement élevées préoccupent. L’inflation, toujours élevée, s’est accélérée dans certaines parties du monde, ce qui d’ailleurs ravive l’inquiétude à son sujet et pousse les investisseurs à se demander si les banques centrales relèveront les taux d’intérêt. Les données portant sur les grandes économies montrent que l’économie mondiale continue de se développer, quoique relativement lentement puisqu’elle est entravée par les prix élevés, les tensions géopolitiques et les perturbations commerciales.
Au Canada, l’indice composé S&P/TSX a progressé ce mois-ci grâce à l’excellente performance des secteurs des matériaux et des technologies de l’information. Les actions états-uniennes ont elles aussi affiché un gain en août. Le rendement des obligations gouvernementales à 10 ans du Canada et des États-Unis a fini en hausse. Le prix de l’or a monté au cours du mois, tandis que celui du pétrole n’a pour ainsi dire pas bougé.
Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis s’intensifient après la rupture des négociations
Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis se sont brusquement intensifiées en août lorsque les négociations ont pris fin peu avant la date butoir de minuit à compter de laquelle les États-Unis allaient imposer de nouveaux tarifs douaniers au Canada. Le premier ministre canadien, Mark Carney, a accusé les États-Unis d’avoir apporté des changements de dernière minute à la proposition d’accord. Pour sa part, le représentant au commerce des États-Unis, Jamieson Greer, a dit que le Canada s’était retiré de certaines clauses qu’il avait déjà acceptées. Par conséquent, les États-Unis ont imposé une surtaxe de 50 % sur environ 20 milliards $ US (28 milliards $ CA) de produits canadiens, incluant les produits laitiers, l’alcool, le ciment et l’équipement de hockey. Carney y a vu une attaque contre le Canada et a suspendu les pourparlers. Le Canada a répliqué en levant des droits de douane de 15 %, 25 % et 50 % sur près de 20 milliards $ US d’importations états-uniennes, dont l’acier, les produits laitiers, les électroménagers et les produits électroniques, droits qui entreront en vigueur le 8 septembre. Afin d’atténuer les conséquences des nouveaux tarifs, Ottawa engagera 7,5 milliards $ à soutenir les travailleurs et les entreprises touchés. La rupture accroît l’incertitude quant à la révision de l’Accord Canada—États-Unis—Mexique. Les économistes mettent en garde contre une escalade qui pourrait affaiblir la position du Canada dans le cadre de ces négociations. Cette mésentente, qui s’ajoute aux relations commerciales déjà tendues, risque de plonger les exportateurs canadiens dans une longue incertitude. Elle pourrait aussi peser sur les investissements privés et la croissance économique au cours des mois à venir, ce qui rend les perspectives économiques du Canada encore plus sombres qu’elles ne l’étaient juste avant la rupture des négociations.
Au Canada, la croissance économique s’accélère au second trimestre
Statistique Canada a rapporté en août que l’économie canadienne avait nettement rebondi au second trimestre de 2026. Elle a en effet affiché une croissance de 3,3 % sur une base annualisée après avoir connu deux trimestres consécutifs de faiblesse, ce qui avait soulevé des inquiétudes quant à une possible récession. Le rebond, généralisé et propulsé par une nette augmentation des exportations, dont celles de véhicules, révèle une remontée appréciable des dépenses des ménages et des investissements privés dans la machinerie et l’équipement. Une mesure ponctuelle visant à aider les ménages — soit la majoration du crédit pour la TPS/TVH — a également contribué à encourager les consommateurs à dépenser. Les données de juillet sur le marché du travail ont aussi été de bonnes nouvelles en août. Les chiffres montrent que l’économie canadienne s’est enrichie de 75 100 emplois, faisant baisser le taux de chômage à 6,4 %, son point le plus bas en deux ans. Cette création d’emplois a touché plusieurs secteurs — commerce de détail, finance, services professionnels, construction — tandis que les salaires ont augmenté de 3,0 % d’une année sur l’autre. Ces données critiques suggèrent que l’économie du Canada serait en train d’amorcer un virage après avoir traversé une période difficile. Une croissance économique plus robuste et un marché du travail plus sain indiquent que la confiance des consommateurs et des entrepreneurs s’améliore. Bien que ce bon trimestre n’efface en rien les difficultés de la dernière année, la combinaison d’un rebond économique et de la résilience du marché du travail constitue un signe encourageant pour l’économie du Canada. Toutefois, l’intensification des tensions commerciales avec les États-Unis qui s’est produite en août pourrait freiner les récents progrès économiques du Canada.
Les États-Unis perdent des emplois pour la première fois en cinq mois
En juillet, les États-Unis ont annoncé que l’inflation totale avait baissé, mais certains signes indiquant le ralentissement de la croissance économique ont donné matière à réflexion à la Fed. L’indice des prix à la consommation a chuté à 0,4 % en juin — son recul le plus marqué depuis 2020 — en raison de la baisse du prix de l’essence, ramenant ainsi l’inflation annuelle à 3,5 % contre 4,2 % en mai. L’inflation de base, dont est exclu le prix plus volatil des aliments et de l’énergie, n’a pas bougé ce mois-là. Sur une base annuelle, elle est passée à 2,6 % en juin depuis 2,9 % le mois précédent. L’indicateur privilégié par la Fed en matière d’inflation, soit l’indice des prix à la consommation personnelle (PCE), raconte à peu près la même histoire : il a reflué de 0,1 % en juin même s’il reste en hausse de 3,7 % d’une année sur l’autre. Les dépenses réelles de consommateurs ont augmenté de 0,4 %, indiquant que les ménages continuent de dépenser. Sur le plan de la croissance économique états-unienne, une estimation préliminaire montre qu’elle a été de 1,5 % sur une base annualisée au second trimestre de 2026, en baisse des 2,1 % du premier trimestre, car le gouvernement a réduit ses dépenses alors même que les consommateurs, les entreprises et les exportateurs augmentaient les leurs. La décélération de la croissance économique jumelée aux prix élevés pourrait compliquer les prochaines décisions de la Fed qui devra juger si elle peut soutenir la croissance économique sans faire renaître l’inflation. La Fed a maintenu ses fonds fédéraux à l’intérieur d’une fourchette de 3,50 % à 3,75 % lors de sa rencontre de juillet, comme les économistes s’y attendaient. La Fed a rappelé son engagement à stabiliser les prix, ajoutant qu’elle serait disposée à modifier sa politique monétaire en fonction des conditions économiques prévalentes.
En Europe, les pressions inflationnistes s’accélèrent
Selon Eurostat, l’inflation européenne s’est élevée à 2,9 % en juillet depuis 2,8 % en juin, alors qu’elle avait grimpé jusqu’à 3,2 % en mai, mais elle demeure néanmoins au-dessus de la cible des 2 % de la Banque centrale européenne (BCE). Les coûts de l’énergie et des services en sont les principaux responsables. Par ailleurs, l’inflation de base, dont sont soustraits des prix plus volatils, a également progressé à 2,5 % en juillet. Encore plus préoccupant, Eurostat a fait savoir que les ventes au détail avaient reculé de 0,3 % en juin, en ce qui a trait tant aux dépenses alimentaires que non alimentaires, ce qui laisse croire que les consommateurs achètent moins à mesure que le coût de la vie augmente. Seuls les achats d’essence ont monté, surtout parce que le prix à la pompe est plus élevé et non parce qu’on circule davantage. Prises ensemble, ces données dressent le portrait d’une économie européenne dont l’inflation toujours élevée freine les dépenses des consommateurs, un des moteurs clés de la croissance économique. La BCE, qui a maintenu ses principaux taux d’intérêt lors de sa dernière rencontre après les avoir relevés en avril, pourrait se voir contrainte de maintenir une politique monétaire stricte pendant encore quelque temps afin de ramener l’inflation vers son taux cible, même si l’activité économique montre des signes de faiblesse. Quelques-uns de ses administrateurs laissent la porte ouverte à une possible hausse de taux si les pressions sur les prix persistent. Si l’inflation demeure élevée et si les dépenses des consommateurs continuent de baisser, l’économie européenne pourrait connaître un épisode de ralentissement économique et de prix supérieurs à la cible dans les mois à venir.
Rendements des marchés - au 31 août 2026



