Revue des marchés de juillet 2026
Canada vie - 7 août 2026
Les événements mondiaux continuent de façonner les perspectives économiques, ce qui crée de nouvelles occasions et de nouveaux risques pour les investisseurs.
Introduction
Les marchés boursiers mondiaux ont terminé juillet sans grand changement. Les investisseurs étaient d’humeur plutôt maussade lorsque les tensions entre les États-Unis et l’Iran se sont intensifiées, donnant lieu à de nouvelles attaques et paralysant les navires dans le détroit d’Ormuz. Le prix du pétrole a bondi et ravivé l’inquiétude quant à l’inflation. Selon le rapport de juillet, les pressions inflationnistes se sont relâchées en juin, mais on s’attend à ce qu’on annonce qu’elles se soient de nouveau intensifiées en juillet, l’offre mondiale en pétrole ayant été enrayée par le conflit au Moyen-Orient.
Les grandes banques centrales, dont la Banque du Canada (BDC), la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), la Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne (BCE), ont toutes maintenu leurs taux directeurs lors de leurs rencontres de juillet. Les États-Unis et l’Europe ont fait savoir que leur économie respective s’était développée au second trimestre de 2026. Les tensions tarifaires ont encore fait les manchettes. Les États-Unis ont frappé environ 60 pays ou régions du monde de nouveaux tarifs douaniers afin de remplacer ceux qui avaient été imposés lors du « Liberation Day » mais contre lesquels la Cour suprême des États-Unis s’est prononcée. Pendant ce temps, les États-Unis ont menacé de taxer de tarifs inédits certains biens canadiens.
Au Canada, l’indice composé a gagné du terrain ce mois-ci en raison de la solide performance du secteur de l’énergie. Les actions états-uniennes ont quelque peu baissé. Le rendement des obligations gouvernementales à 10 du Canada et des États-Unis a augmenté.
Les attaques du Moyen-Orient reprennent, remettant en cause l’accord de paix
Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, résultant du protocole d’accord de juin, a été rompu en juillet quand l’Iran a attaqué dans le détroit d’Ormuz trois navires commerciaux ayant contourné le trajet maritime qu’il préconisait. Les États-Unis ont réagi en frappant des cibles iraniennes le 6 et le 7 et Donald Trump, le président des États-Unis, a déclaré que la trêve était finie. Iran a répliqué en lançant des missiles sur les alliés des États-Unis dans la région et en frappant deux fois en quelques jours une installation électrique et une autre de dessalement au Koweït. La tension s’est accrue plus tard dans le mois quand Trump a averti l’Iran qu’il « paierait » la mort de membres des forces armées états-uniennes, ce qui a fait monter le prix du pétrole. Vers la fin de juillet, le combat a semblé cesser après environ deux semaines de reprise des hostilités. Le cessez-le-feu demeure néanmoins fragile et la navigation dans le détroit d’Ormuz est restée inférieure à la normale, aussi peu que dix navires y transitant chaque jour comparativement à 100 avant la guerre. Le prix du pétrole, traduisant cette incertitude, a bondi au cours du mois. Par conséquent, le prix de l’essence s’est envolé et est venu réactiver les inquiétudes quant au retour des pressions inflationnistes. En attendant une solution durable, le prix de l’énergie va sans doute rester élevé et continuer à exercer une pression à la hausse sur l’inflation et sur les prix que devront payer les consommateurs et les entreprises canadiennes et à rendre encore plus incertaines les perspectives économiques.
Le Canada fait face à la menace de nouveaux tarifs de la part des États-Unis
Statistique Canada a annoncé en juillet que le surplus commercial du Canada s’est élargi à 4,2 milliards $ en mai, un sommet en quatre ans, les exportations ayant atteint la somme record de 77,1 milliards $ tandis que les importations ont reculé. Les exportations vers les États-Unis se sont multipliées pour un quatrième mois d’affilée, faisant monter l’excédent du Canada avec son principal partenaire commercial en raison d’envois plus considérables de métaux et d’aluminium. Les tensions avec les États-Unis se sont toutefois accentuées en juillet. Le président des États-Unis, Donald Trump, a signé un décret ordonnant de nouveaux tarifs douaniers de 50 % devant prendre effet à la mi-août sur un vaste éventail de produits canadiens, dont l’alcool, les produits laitiers et les bâtons de hockey, sous le prétexte que le Canada traite injustement les produits laitiers, l’alcool et les autos exportés des États-Unis. Quelques jours plus tard, Washington a lancé une série particulière de droits de douane sur des douzaines de pays, évoquant sa préoccupation touchant au travail forcé au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales. Le Canada, de même que le Mexique et le Royaume-Uni ont écopé d’une taxe de 10 %, tandis que plusieurs pays font face à des droits de 12,5 %. Toutefois, les biens relevant de l’Accord Canada—États-Unis—Mexique en demeurent exemptés. Bien que les données de mai révèlent que les exportateurs canadiens ont tenu bon jusqu’à présent, ces nouveaux tarifs ajoutent une couche d’incertitude. Si cette situation perdure, elle pourrait entraver les exportations et la croissance économique au cours des prochains mois, et accentuer la pression exercée sur l’avenir déjà fragile de l’économie canadienne.
Aux États-Unis, les pressions inflationnistes se relâchent, mais elles risquent de remonter
En juillet, les États-Unis ont annoncé que l’inflation totale avait baissé, mais certains signes indiquant le ralentissement de la croissance économique ont donné matière à réflexion à la Fed. L’indice des prix à la consommation a chuté à 0,4 % en juin — son recul le plus marqué depuis 2020 — en raison de la baisse du prix de l’essence, ramenant ainsi l’inflation annuelle à 3,5 % contre 4,2 % en mai. L’inflation de base, dont est exclu le prix plus volatil des aliments et de l’énergie, n’a pas bougé ce mois-là. Sur une base annuelle, elle est passée à 2,6 % en juin depuis 2,9 % le mois précédent. L’indicateur privilégié par la Fed en matière d’inflation, soit l’indice des prix à la consommation personnelle (PCE), raconte à peu près la même histoire : il a reflué de 0,1 % en juin même s’il reste en hausse de 3,7 % d’une année sur l’autre. Les dépenses réelles de consommateurs ont augmenté de 0,4 %, indiquant que les ménages continuent de dépenser. Sur le plan de la croissance économique états-unienne, une estimation préliminaire montre qu’elle a été de 1,5 % sur une base annualisée au second trimestre de 2026, en baisse des 2,1 % du premier trimestre, car le gouvernement a réduit ses dépenses alors même que les consommateurs, les entreprises et les exportateurs augmentaient les leurs. La décélération de la croissance économique jumelée aux prix élevés pourrait compliquer les prochaines décisions de la Fed qui devra juger si elle peut soutenir la croissance économique sans faire renaître l’inflation. La Fed a maintenu ses fonds fédéraux à l’intérieur d’une fourchette de 3,50 % à 3,75 % lors de sa rencontre de juillet, comme les économistes s’y attendaient. La Fed a rappelé son engagement à stabiliser les prix, ajoutant qu’elle serait disposée à modifier sa politique monétaire en fonction des conditions économiques prévalentes.
La BCE maintient les taux après les avoir rehaussés
La BCE a maintenu ses taux directeurs en juillet après les avoir relevés de 25 points de base chacun en juin, sa première augmentation depuis 2023. La hausse de juin est imputable à la flambée de l’inflation causée par le prix de l’énergie lui-même dû aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les données publiées en juillet indiquent que la pression sur les prix se relâche un peu. L’inflation annuelle européenne s’est affaiblie à 2,8 % en juin contre 3,2 % en mai, le coût de l’énergie ayant augmenté plus lentement. L’inflation demeure cependant au-dessus de la cible des 2 % de la BCE, et ses administrateurs surveillent étroitement dans quelle mesure le choc énergétique se répercutera dans l’économie. En outre, l’escalade du conflit au Moyen-Orient et l’absence d’un calendrier précis menant à un accord de paix assombrissent les perspectives en matière d’inflation. Sur le plan de la croissance économique, une estimation éclair publiée en juillet a révélé que l’économie européenne s’est développée de 0,4 % au second trimestre de 2026, ce qui est mieux que sa croissance nulle (0,0 %) du premier trimestre. Dans l’ensemble, l’économie européenne croît modestement tandis que l’inflation ne baisse que graduellement, un équilibre que la BCE devra continuer de surveiller. Pour le Canada, la croissance plus régulière de l’Europe est un facteur moyennement positif pour le commerce mondial et pour la demande de produits exportés canadiens, mais le fait que l’inflation y reste élevée rappelle que la pression sur les prix exercée par celui de l’énergie constitue toujours un défi mondial dont la BDC devra aussi se préoccuper.
Rendements des marchés - au 31 juillet 2026



